« Clair de femme », roman de Romain Gary

Michel erre dans la nuit. Nous découvrons peu à peu qu’il a quarante ans, qu’il est pilote de ligne et que la femme avec laquelle il partage sa vie depuis une quinzaine d’années est atteinte d’une maladie incurable. Ayant décidé de mettre fin à ses jours dans les heures qui viennent, elle ne le lui a pas caché, mais elle a refusé qu’il se suicide avec elle et lui a interdit d’intervenir. Elle est allée jusqu’à exiger qu’il cherche immédiatement un nouvel amour. Au hasard de ses pas, Michel rencontre des êtres brisés par la vie, notamment Señor Galba, un dresseur d’animaux de cirque rongé par le désespoir, et Lydia, dont la petite fille est décédée récemment dans un accident de voiture et dont l’époux (qui conduisait) a perdu l’esprit. C’est avec elle qu’il décide de tenter de se reconstruire, sans tarder, alors même que celle qu’il aime encore est en train de se tuer. On ne connaîtra pas le devenir de cette nouvelle relation qui s’esquisse peu à peu au fil des pages et qui n’est encore qu’une promesse lorsque le livre s’achève. L’essentiel est ailleurs, dans l’hymne acharné à l’amour et au couple scandé par cette allégorie triste, grave et belle, faite de romantisme, d’ironie burlesque et de tragédie. L’écriture est parfois maladroite à force de prétention mais elle atteint ici et là de très belles fulgurances et parvient à nous emporter. L’ouvrage est une réussite. L’œuvre de Romain Gary est très inégale. Elle contient des textes d’une nullité absolue (« La vie devant soi »), d’autres très moyens (« Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable ») mais aussi quelques pépites. « Clair de femme » fait incontestablement partie de celles-ci.

 

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