Le lauréat, roman de Charles Webb

Fraîchement diplômé, Benjamin rentre chez lui tout auréolé de gloire et promis à un bel avenir. Il fait la fierté de ses parents, dont il est le seul fils. C’est une famille bourgeoise dans l’Amérique triomphante des années 1960. Tout irait pour le mieux s’il ne sombrait dans une soudaine dépression. A la stupéfaction de son entourage, ce jeune homme brillant et jusqu’ici irréprochable renonce à tout pour passer ses journées avachis au bord de la piscine et ses nuits devant la télévision, en buvant de la bière. Les jours, les semaines, les mois passent et rien ne semble pouvoir le sortir de sa torpeur. Ni les opportunités universitaires et professionnelles qu’il laisse échapper, ni les sermons de ses parents dépassés par la situation. Il a presque sans le vouloir une liaison adultère avec l’épouse de l’associé de son père, pour laquelle il n’a ni goût ni sentiment, s’étant contenté de répondre à ses avances, presqu’à contrecœur. Le salut viendra de la fille de cette dernière, dont il tombe amoureux. Il s’ensuit une romance mouvementée, confrontée aux mœurs encore sévères de cette époque, au ressentiment de la mère et à la culpabilité de la fille. Le récit est parfaitement mené, les personnages et leur environnement sont authentiques, l’écriture est sobre et efficace. Enfin, le tout est parsemé ici et là d’un humour de bon ton. Publié en 1963, cette œuvre fut transcrite au cinéma en 1967 par l’excellent Mike Nichols, qui fit connaître par la même occasion le jeune Dustin Hoffmann. Marquant toute une génération d’adolescents, cette adaptation demeure plus d’un demi-siècle après un film culte.

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *