Vente à la criée du lot 49, roman de Thomas Pynchon

Œdipa Maas est désignée exécutrice testamentaire de feu M Pierce Inverarity, magnat californien de l’immobilier, avec qui elle a eu jadis une brève liaison. L’incohérence de l’action et des personnages nous fait immédiatement plonger dans la paranoïa aigue de cette femme. Si la référence psychanalytique qu’est son prénom n’est guère subtile, elle a au moins le mérite de donner d’emblée la clé de ce roman, qui ne fera qu’exprimer laborieusement et maladroitement la folie humaine et l’absurdité du monde, à travers une enquête ennuyeuse sur une pseudo organisation postale clandestine et séculaire dénommée Tristero, à laquelle aurait été lié le milliardaire. Le lot 49 correspond à sa collection de timbres, qui témoignerait de l’existence de ce réseau secret. Ce livre publié en 1966 aux USA est considéré par certains lecteurs comme un chef d’œuvre et son auteur comme un immense génie littéraire. Nous ne partageons pas ce point de vue. Non seulement le procédé n’est pas utilisé très brillamment, mais il était déjà éculé depuis des décennies lors de la première édition (« Force ennemie » de John Antoine Nau parut en 1903, « Le bruit et la fureur » de Faulkner en 1929, « La dernière nuit » d’Emmanuel Bove en 1939, nous ne citerons pas tous ceux qui l’ont utilisé et nous n’excluons pas l’existence d’œuvres plus anciennes dont nous n’aurions pas connaissance). Pynchon réussit en revanche le tour de force de faire court et ennuyeux, soporifique même ! Nous ne lui dénierons pas cependant un certain talent, que révèlent quelques belles phrases ici et là, comme celle-ci, à propos de la ville de San Narciso, qui « était un nom ; un incident parmi nos statistiques climatiques des rêves, et ce que devenaient les rêves parmi notre lumière accumulée de tous les jours, un instant dans la course des ouragans ou le moment où la tornade touche terre parmi les solennités plus élevées, plus continentales _ des systèmes d’orages de souffrances et de besoins de groupes, des vents dominants d’abondance ». Insuffisant hélas pour sauver du naufrage cette piètre tentative littéraire…

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