Une partie de badminton, roman d’Olivier Adam

Paul Lerner est un écrivain français qui a connu le succès mais dont les livres ne se vendent plus, ce qui le pousse à quitter Paris pour la Bretagne, où la vie est moins chère et où il se sent désormais plus à sa place, de par ses racines et son passé. Sa femme Sarah qui enseigne dans le public a obtenu sa mutation et il a trouvé de son côté un emploi dans un quotidien régional. Leur fille aînée Manon supporte mal ce déménagement, contrairement à son petit frère, qui surfe dès que les vagues le permettent. La vie continue, dans un climat un peu morose dû à l’usure de l’âge (la quarantaine) et aux désillusions. Ce roman se déroule longtemps comme une chronique efficace de la vie quotidienne et locale, porté par l’écriture limpide d’Olivier Adam. L’auteur utilise habilement quelques ficelles pour maintenir la tension du récit : une mystérieuse inconnue un peu folle qui prétend être la sœur du narrateur, des agressions et des tensions dans le centre d’accueil pour migrants dans lequel Sarah donne des cours de français, un adultère… Peu à peu, ces intrigues se réunissent et prennent le premier plan, pour s’achever sur un fait divers dramatique. Il constitue un témoignage du climat délétère de la France d’aujourd’hui et ajoute une pierre de plus à l’œuvre puissante et sombre de cet auteur plein d’avenir. Le titre est une référence à une chanson d’Alain Chamfort, selon laquelle la vie n’est pas une partie de badminton mais un sport de rue.

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