Dix-sept ans, roman d’Eric Fottorino

 

Dix-sept ans, c’est la différence d’âge entre le narrateur et sa mère. Il a la cinquantaine. Père de famille, marié à une femme qui l’aime toujours, il enseigne le droit en université. Sa situation est donc enviable. Mais on n’arrive pas à cet âge sans avoir traversé plusieurs épreuves : il n’a jamais su parler à sa mère, jamais su lui témoigner ses sentiments, et son père s’est suicidé après le départ de ses enfants devenus adultes et le divorce qui l’a condamné à la solitude. Notre personnage n’en tient pas rigueur à sa mère. On dirait que la froideur qu’il lui oppose constamment est à la hauteur de l’amour qu’elle lui inspire. Il refuse donc la main qu’elle lui tend encore et encore, jusqu’au jour elle lui révèle qu’il a une petite sœur, qu’il ne connaîtra jamais puisqu’elle lui a été arrachée dès la naissance. C’est qu’elle était déjà une fille mère et que les siens ont préféré se débarrasser de ce nouvel enfant en le confiant à d’autres.

Bouleversé, notre homme commence à se rapprocher de sa maman. D’abord, il prend quelques jours de congés pour aller hanter les lieux qu’elle a fréquentés. Plusieurs fois tenté de lui téléphoner pendant ses pérégrinations, il ne parvient pas à le faire. Toute la saga familiale se dévide dans ses pensées. Il faudra qu’elle lui demande son aide lors d’un déménagement pour qu’enfin le contact se rétablisse, mais ces retrouvailles tardives seront brèves puisque l’âge qui la guettait la rattrape : le livre s’achève dans une chambre d’hôpital, alors qu’elle est dans le coma et qu’il se tient à son chevet, seul.

L’écriture est juste et sobre. Ici ou là, l’auteur se permet quelques morceaux de style un plus vifs et assez bien réussis. L’histoire familiale est vraisemblable. Mais on s’ennuie un peu. Le protagoniste est sans doute un peu trop déprimé pour réussir à nous entraîner tout au long de ce roman qui s’avère un peu trop long. Nous constatons cependant qu’Eric Fottorino sait écrire et qu’il ne manque pas de talent.

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