La guerre en soi, roman de Laure Naimski

Ce roman s’apparente à une œuvre impressionniste. La narratrice est en effet un peu confuse et mélange ses souvenirs sans chronologie avec ses cauchemars et ses délires, laissant au lecteur le soin de faire le tri. Peu à peu, celui-ci découvre une vue d’ensemble qui lui révèle la vie poignante de ce personnage assez perdu. Son enfance marquée très vite par une mésestime de soi, notamment face à un frère semble-t-il plus aimé et plus brillant. Une situation modeste, un mariage sans passion, le décès de l’époux, un fils unique révolté qui s’engage auprès des migrants et finit par y laisser sa peau, brûlé vif après s’être endormi la cigarette aux lèvres dans sa camionnette garée sur un parking sordide, la folie. Il apparaît vers les dernières pages que ce récit décousu répond aux questions d’un docteur en blouse blanche, probablement dans un établissement psychiatrique ? La démence donne lieu à des ouvertures poétiques réussies et Laure Naimski signe ici un roman beau et triste, bien différent de sa première publication qui déployait un humour féroce (« En kit », chez le même éditeur).

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