Les enquêtes sexuelles de Benoît Lange, trilogie de Jean Streff

Ce volume réunit trois romans extraits d’une collection qui était éditée sans dépôt légal à la charnière des années 1970 et 1980 afin d’échapper à la censure, dont les auteurs avaient eu à subir les foudres à plusieurs reprises.

Dans le premier, intitulé « La peau lisse des nurses », le séduisant journaliste Benoît Lange et le flic homosexuel Berthier sont confrontés à une suite de viols et de crimes épouvantables qui s’avéreront perpétrés par un savant fou dénommé Minski. Propriétaire d’une clinique psychiatrique, il transforme en effet ses patients en sadiques qu’il lâche ensuite dans la nature. Son but est de transformer la race humaine en la libérant de toutes ses inhibitions. Il vise aussi le pouvoir absolu sur la terre entière. Les deux acolytes parviennent à déjouer ses plans mais il leur échappe in extremis pour resurgir dans le second livre, « Les sept merveilles du monstres », dans lequel il poursuit ses folles expériences sous la surface d’une petite île déserte. Il va jusqu’à tenter de provoquer la troisième guerre mondiale par des actes terroristes contre l’URSS, les Etats-Unis et l’Europe. Une fois encore, Lange et Berthier mettent fin à ses agissements et pensent même être parvenus à l’éliminer physiquement en bombardant sa tanière. Le dernier opus, « Tout feu tout femme », montre qu’il n’en est rien puisque Minski revient encore, provoquant une suite d’incendies dans de multiples lieux symboliques et stratégiques à travers le monde. C’est qu’il a été sauvé par des amazones extra-terrestres qui ont coutume de transformer les hommes en bougies vivantes. Leur planète d’origine étant proche de la destruction, elles convoitent la terre qu’il leur a promise. Si, dans les deux premiers ouvrages, les femmes sont copieusement soumises aux désirs des hommes, les choses s’inversent dans le dernier, où l’on voit l’héroïque journaliste se traîner à quatre pattes et en laisse aux pieds de la reine Xerba, sous les yeux d’un Berthier ligoté et laissé à terre comme un vulgaire sac de détritus. L’aventure rocambolesque s’achève sur un cataclysme, mais tout pourrait bien n’avoir été qu’un cauchemar…

Cette œuvre délirante qui fleure bon les années 1970 s’inspire à la fois de Sade et de Gaston Leroux, père du célèbre Rouletabille qui résolut le mystère de la chambre jaune. Elle se déroule sur un rythme effréné, déversant un torrent d’horreur, d’humour, de sexe et de poésie. Jean Streff nous a offert ici un sacré petit bijou diabolique !

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