Un savoir gai, par William Marx

Rencontré à la belle Librairie Compagnie à Paris, l’auteur nous a relaté la genèse de ce petit essai en partie autobiographique, qu’il écrivit en réaction aux manifestions organisées contre le mariage gay. Jusqu’alors, il ne faisait pas mystère de son homosexualité, mais ces mouvements hostiles l’ont poussé à la revendiquer plus que jamais. Il ne s’agit cependant pas d’un ouvrage militant, mais plutôt d’un témoignage et de réflexions sur la condition homosexuelle, livré sous forme d’abécédaire et organisé en une succession de courts chapitres.

William Marx cherche ici à montrer l’impact de sa sexualité sur sa perception du monde et son rapport aux autres. Il interpelle ceux qui ne la partagent pas, avec la volonté affichée de leur faire prendre conscience des avantages que leur procure leur écrasante majorité.

Rédigé avec honnêteté et clairvoyance, le texte ne se dépare presque jamais de sa bienveillance, même si une colère et une amertume bien légitimes se devinent ici et là. Il est aussi parsemé de petites pointes d’humour très fines. L’écriture est élégante, parfois un peu trop peut-être, William Marx étant habitué à choisir le mot précis plutôt qu’un terme usuel et commun, sans doute parce qu’il est plus un philosophe des lettres qu’un romancier, comme le suggèrent ses précédentes publications (« L’adieu à la littérature », « Vie du lettré », « Le tombeau d’Œdipe », « La haine de la littérature »…). Le style est néanmoins fluide et agréable.

A signaler enfin l’utilisation surprenante de la deuxième personne du singulier, qui s’est imposée à lui dans un souci de distanciation et qui ajoute à l’originalité de cette publication un peu inclassable.

 

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