Le sumo qui ne pouvait pas grossir, roman d’Eric Emmanuel Schmitt

sumo

Le narrateur est un japonais SDF de 15 ans qui survit tant bien que mal en vendant à même le trottoir n’importe quelle camelote. Il en veut au monde entier. C’était un bon élève mais il a tout plaqué à la mort de son père. Ce-dernier était pour lui un étranger mais il n’a guère eu le sentiment de recevoir plus d’amour de la part de sa mère, qui était considérée par tout le monde comme un ange car elle était attentionnée envers tous sauf envers lui. Lorsqu’au cours de l’enterrement elle l’a traité avec indifférence et qu’elle a consolé toutes les autres personnes, il a décidé de partir.

A la première page, il vend donc sa camelote, dans un quartier animé, quand un vieux lui dit en passant qu’il « voit un gros en lui ». Or Jun, notre narrateur, est au contraire chétif. Il ne réplique rien. Le lendemain et les jours suivants, le vieux repasse et lui assène le même commentaire. Jun finit par l’insulter, d’abord en colère, puis un peu amusé. Un dialogue s’établit enfin. L’homme s’appelle Shomintsu. Il invite Jun à un tournoi de sumos. C’est la révélation. Epris de cette discipline pour laquelle il n’avait jusqu’alors que mépris, le jeune homme retrouve goût à la vie en intégrant l’école que dirige Shomintsu.

Petit à petit, le gamin perdu se transforme physiquement et moralement. Il devient un homme et un sumo reconnu. Shomintsu lui révèle qu’il est son oncle et que sa mère l’a chargé de veiller sur lui. Toute la famille se retrouve. Et dans un parfait happy-end, Jun rencontre l’amour auprès d’une frêle et gracieuse jeune fille, à qui il déclare voir « la grosse en elle ».

Mené tambour battant, sur un ton espiègle, le roman est bref et joyeux. C’est une jolie petite fable, cependant beaucoup moins puissante que « La part de l’autre », le chef d’œuvre de l’auteur paru huit ans plus tôt, en 2001.

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