L’insoutenable légèreté de l’être, roman de Milan Kundera

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Ce roman débute lors du « Printemps de Prague », lorsqu’à la fin des années 1960 la Tchécoslovaquie tenta vainement de se défaire du joug de l’URSS, jusqu’à ce que celle-ci fasse intervenir son armée. Nous y suivons d’abord trois personnages, Tomas, Tereza et Sabina, puis un quatrième, Franz.

Tomas est un homme très indépendant. Il a divorcé de son épouse fidèle à l’idéologie communiste et ne veut plus avoir aucun lien avec elle ni avec leur fils. Quand ses propres parents le menacent de rompre avec lui toute relation s’il persiste dans cette attitude, il s’en félicite, pensant se suffire à lui-même. C’est un chirurgien réputé et un intellectuel, qui multiplie les conquêtes féminines sans jamais s’attacher. Cette soif de liberté n’est sans doute pas sans égoïsme, mais l’homme est pourtant gentil, généreux peut-être. Il est aussi courageux et orgueilleux comme nous le révélera la façon dont il mènera sa vie.

Il a une liaison avec Sabina, peintre reconnue qui a la même philosophie que lui.

Tereza est issue d’un milieu plus modeste. C’est une femme très séduisante, qui a été écrasée durant toute sa jeunesse par sa mère (jalouse de la beauté de sa fille) et qui en ressent un sentiment d’insécurité très profondément ancré.

Cédant comme d’habitude aux caprices de ses désirs, Tomas se laisse aimer par Tereza, mais celle-ci s’accroche à lui et il s’aperçoit peu à peu qu’il en est lui-même épris au point de la laisser s’incruster progressivement dans son existence et bousculer ses chères habitudes de célibataire.

Nos trois héros s’essayent à la résistance passive lorsque les chars soviétiques pénètrent Prague, puis ils fuient à l’Ouest, où Tomas parvient à trouver une excellente situation. Il vit désormais en couple avec Tereza, qu’il ne cesse de tromper sans s’en cacher. Rongée par la jalousie et par le mal du pays, celle-ci retourne en Tchécoslovaquie, où Tomas finit par se résoudre à la rejoindre. A cause de son opposition au régime, il subit une véritable rétrogradation sociale et devient laveur de vitres (profession qui lui permet de poursuivre facilement ses amours clandestines et sans lendemain). Finalement, ils sont tous deux recrutés dans une coopérative agricole où ils trouvent une forme de bonheur : dans cette morne campagne, l’ancien chirurgien qui se lassait de sa vie n’a plus l’occasion de tromper Tereza et tous deux s’en portent très bien jusqu’à leur mort, dans un accident de la route.

De son côté, Sabina est restée à l’Ouest où elle a une liaison avec un certain Franz. Lorsqu’il quitte femme et enfant pour elle, elle prend la fuite. Lui qui redoutait le célibat s’en accommode sans difficulté. Il continue à vouer un culte intime à la femme qui lui a échappé à jamais. En revanche cette dernière souffre beaucoup plus qu’elle ne le pensait mais elle assume cette douleur qui fera désormais toujours partie de sa vie.

A travers ces chassés croisés amoureux ô combien revisités et insipides, l’auteur prétend disserter sur ce qu’il nomme « l’insoutenable légèreté de l’être » qui n’est jamais satisfait de ce qu’il a, qui veut toujours ce qu’il n’a pas et qui, selon lui, se réduit à à peu près rien à l’échelle de l’univers. S’il met cependant le totalitarisme soviétique en contrepoint de cette liberté individuelle si difficile à assumer, c’est manifestement pour en signifier toute la valeur. C’est aussi dans un souci de témoigner de sa propre histoire et d’ancrer le roman dans un contexte historique.

Peu convaincant, le récit s’enlise souvent dans des considérations pseudo métaphysiques qui sont assez superficielles. Le ton de l’auteur laisse de plus entendre qu’il pense avoir une grande acuité philosophique et psychologique, mais, se mettant en devoir de nous expliquer les rouages profonds qui animent ses personnages, il ne fait que multiplier les clichés et les évidences ennuyeuses. Il parle de ses héros avec une condescendance assez agaçante. Quant à son écriture, elle est dénuée de tout charme comme de toute musique.

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