Tortilla Flat, roman de John Steinbeck

tortilla-flat

Tortilla Flat est semble-t-il un plateau dans les hauts de Monterrey, une ville du Mexique. Les quartiers du bas de la cité se sont développés et semi-industrialisés autour de la pêche. Tortilla Flat est resté pauvre et semi sauvage. Il y vit notamment les héros du roman, une bande de clochards paysans qui trouve sa pitance par de menus larcins, de petites escroqueries et plus rarement quelques heures de travail effectuées ici ou là. Ce sont des ivrognes. Ils sont souvent vils, menteurs, stupides, violents mais parfois tendres et généreux. Loin d’être misérabiliste, le ton est plein de drôlerie et de gaîté. C’est une chronique joyeuse de ce petit monde au lendemain de la première guerre mondiale. Steinbeck y dépeint crument l’âme humaine, qui est partout la même, que l’on soit raffiné ou rustre. Il affirme implicitement qu’on peut être heureux avec très peu et c’est toute une conception de la vie que l’on pourrait déduire de ce texte mais, comme il s’abstient de formuler la moindre conclusion, on ferait peut-être fausse route en lui prêtant cette intention… D’autant plus que ce n’est pas ce que semble signifier son chef d’œuvre, « Des souris et des hommes », qui évoque le même milieu avec beaucoup plus de force et qui laisse le lecteur bouleversé. « Tortilla Flat » n’est certes pas un mauvais texte, mais il est nettement en-deçà. C’est une farce, quand l’autre est un coup de poing à la face.

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *