Autant en emporte le vent, roman de Margaret Mitchell

Autant en emporte le ventScarlett O’Hara est une jeune aristocrate du Sud des Etats-Unis. A la veille de la guerre de Sécession, elle ne pense qu’à vivre et s’amuser.

Relatant les faits dans une écriture simple, l’auteur témoigne avec une immense subtilité de la psychologie de ses personnages et du monde dans lequel ils évoluent. La société esclavagiste du Sud reprend vie au fil de notre lecture. Et nous découvrons que, loin de l’image d’Epinal du maître cruel et de l’esclave maltraité, la réalité était comme toujours plus complexe que l’idée que nous en avons. Mitchell ne fait pas l’impasse sur le racisme, les injustices et le sort cruel des esclaves, mais elle montre aussi qu’un rapport de respect et même d’amour mutuel n’était pas rare. Et que le rapport de force n’était pas à sens unique. Elle témoigne également des différenciations que les esclaves établissaient entre eux, selon les fonctions qui leur étaient attribuées (les domestiques méprisaient par exemple les cultivateurs), ou selon la richesse des maîtres qu’ils servaient (des esclaves pouvaient se sentir supérieurs à de modestes paysans blancs exploitant leurs terres sans main d’œuvre).

Cette finesse, Mitchell la déploie aussi au service des protagonistes, infiniment vrais et profonds, pétris d’élans contradictoires et de forces dont ils n’ont pas toujours conscience. A ce titre, elle réussit là où Proust échoua avec son interminable radotage creux, anecdotique et insipide. C’est toute une société qui s’anime dans ces pages. Mais aussi une région, avec sa lumière, ses paysages, ses saisons…

Le drame de la guerre est dépeint dans toutes ses dimensions : historiques, politiques, sociales, humaines, jusqu’au plus petit détail, sans que la narration ne perde ne serait-ce qu’un seul instant sa dimension romanesque. Tout est dit à travers le récit. Et là encore, le cliché du méchant Sudiste et du Yankee libérateur s’effondre : le Mal et le Bien sont partagés et celui-ci ne saurait être le monopole d’un parti contre l’autre.

Puis, vient l’ère de la reconstruction, les origines du Ku Klux Klan (que l’auteur condamne implicitement tout en permettant au lecteur de comprendre comment ses membres ont pu en arriver là), et nous assistons à l’émergence de ce nouveau monde qui succéda à l’ancien. Ce texte clé permet de mieux comprendre les tensions raciales, les drames et les débordements dont souffrent encore les States aujourd’hui. Ce roman fleuve est une aventure historique mais aussi humaine, avec une multitude de grandes figures littéraires. Un chef d’œuvre, un monument !

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Une réponse à Autant en emporte le vent, roman de Margaret Mitchell

  1. bessora dit :

    Mais alors qui serait la Scarlett O Hara des Zantilles ?

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