Les spadassins, roman de Jean-Baptiste Evette

Les Spadassins

Le narrateur est un mercenaire français au seizième siècle, qui entre au service d’un petit noble. Ensemble, ils sillonnent le pays, multipliant les rixes et les aventures tordues, car l’homme qui l’a engagé n’est pas toujours honnête. On subodore même parfois qu’il aurait peut-être partie liée avec Satan, mais Jean-Baptiste Evette laisse intelligemment cette piste en suspens, ce qui permet de maintenir judicieusement le doute sur la question…

Loin de tout manichéisme, ces deux personnages sont denses, pétris de contradictions et bien ancrés dans la réalité de leur temps. C’est une des nombreuses réussites de ce livre : l’auteur a su rentrer dans la peau d’individus qui vivaient plusieurs siècles avant lui, dans un monde qui n’a plus rien à voir avec le nôtre.

Ils ont l’un envers l’autre un rapport ambigu, tissé d’amitié, de jalousie, de mépris, d’incompréhension et d’admiration. Tous deux sont courageux, parfois jusqu’à la folie, habités, possédés de cette témérité nourrie par l’orgueil, la rage et le désespoir. On dirait qu’ils recherchent la mort. Ils ne cessent en tous cas de la défier.

Le récit est mené tambour battant. Le style est magnifique. On en garde une image crépusculaire de bruit et de fureur.

A lire absolument.

Pour marque-pages : Permaliens.

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