En cas d’exposition des personnes, roman d’Isabelle Marrier

en cas d'expo

L’univers dans lequel ce roman se déroule est en tous points semblable au nôtre, à ceci près que les autorités y ont mis en place un « programme de fin de vie solidaire » (PFS), présenté sous un souci humanitaire et écologique mais dont les motivations sont aussi économiques. Les personnes qui veulent mourir sont ainsi invitées si elles le souhaitent à s’y inscrire. Le droit de revenir à tout moment sur leur décision leur est garanti.

Conduites dans une zone hautement contaminée où elles trouveront une mort rapide, elles œuvrent pendant le temps qui leur reste à son assainissement. Ce travail n’est pas rémunéré, mais elles sont entièrement prises en charge.

Nous y pénétrons sur les pas d’Ariane, qui s’est perdue à mi-chemin de sa vie, après un divorce. Elle a l’impression de n’avoir jamais vécu, d’avoir toujours été ailleurs, spectatrice des événements, feuille emportée par les vents. Dans une impulsion qui ne lui ressemble guère, elle a dérobé un sac à main, dans lequel se trouvait une adhésion au PFS, et, ne sachant pas de quoi il retournait, elle s’y est rendue un peu comme une somnambule, sans écouter ses vagues velléités de révolte. Malgré les apparences, elle n’est pas arrivée ici par accident. Différentes causes mènent à ces lieux de désolation : maladies incurables, vieillesse, solitude, désespoir, besoin d’expier… Nous les découvrons à travers les différents personnages de l’ouvrage.

L’auteur évoque à la perfection le sentiment du vide, dans une écriture limpide, teintée de poésie, à travers des scènes simples et poignantes. Nous retiendrons notamment l’agonie d’une autruche prise dans des barbelés, cuite à la broche et dont les restes seront dévorés par les mouettes, mais nous aurions pu aussi rendre compte de plusieurs autres pages aussi réussies.

Isabelle Marrier, qui a commencé à publier il y a quelques années sous le nom d’Isabelle Pestre, signe ici son quatrième livre et nous offre une fois encore un texte beau et triste, qui mérite d’être lu.

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