Celui qui attend, nouvelle de Ray Bradbury

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Le narrateur est une voix dans un puits. C’est de toute évidence une assez jolie métaphore d’un esprit après la mort. Il contemple les étoiles inaccessibles, sans trop souffrir, depuis un temps infini… Puis des hommes s’approchent du puits. On comprend qu’on est sur Mars et que les hommes sont des explorateurs spatiaux. L’esprit prend possession de l’un d’eux et s’émerveille de redécouvrir ce que c’est qu’avoir un corps. C’est une véritable renaissance. Avec ses mots simples et son style limpide, Bradbury exprime ce mélange de ravissement, d’engourdissement (comme lorsqu’on s’éveille), d’étonnement, presque de naïveté. Au fond de lui, l’esprit entend hurler la pensée de celui dont il a pris la place : c’est une voix lointaine, comme plongée dans un puits… Une lutte s’engage. Ignorant tout de ce qui se passe, les autres s’étonnent lorsqu’il leur annonce qu’il s’agit « d’un puits d’âme » : comment le sait-il ? Mais son cœur s’emballe, la tête lui tourne et il meurt. La voix redécouvre alors « comme c’est bon de mourir ». Puis elle prend possession d’un autre membre de l’équipage. Elle passera de l’un à l’autre jusqu’à ce qu’ils succombent tous et qu’elle retourne à son puits.

Ce bref récit poétique est une des plus belles pièces de l’œuvre du grand Bradbury. Elle est parue dans le recueil « Les machines à bonheur » (publié aux Etats-Unis en 1964 et en France en 1965), qui regroupait des textes parus dans des magazines entre 1949 et 1963.

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