Mémoires d’un esclave, par Frederick Douglass

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Il s’agit de la première autobiographie de Frederick Douglass (1818-1895), qu’il rédigea à 27 ans. Il en écrivit deux autres, à 37 ans puis à 63 ans. Dans ce premier récit, il raconte son passé d’esclave, son enfance, sa jeunesse, ses révoltes, ses tentatives d’évasion, ses punitions, ses humiliations et finalement sa fuite réussie dans le Nord du pays, où il vécut d’abord dans la clandestinité avant que des abolitionnistes convaincus le rachètent à son maître (au prix de 1 250 dollars) et fassent de lui un homme libre.

Douglass était le fils illégitime d’une esclave et de son propriétaire, un certain Bailey, dont il porta longtemps le nom. Son père ne le reconnut jamais et le traita comme ses autres esclaves. Séparé très tôt de sa mère et de ses frères et sœurs, il fut élevé par sa grand-mère, elle aussi esclave. Il dormait sur le sol et n’avait pour seul vêtement qu’une chemise, été comme hiver. Il marchait pieds nus…

Il commença à travailler extrêmement jeune : il ne savait pas lui-même exactement à quel âge, mais c’était plusieurs années avant ses dix ans. Dans des conditions très dures. Il se révolta très vite et en fut à chaque fois châtié avec une extrême sévérité. Il fut battu et fouetté très fréquemment, mais il avait toujours en tête de gagner la liberté qu’il n’avait jamais connue. Persuadé qu’il parviendrait un jour à ses fins, il resta convaincu jusqu’à sa mort qu’il existe un Dieu bon qui lui avait fait don de cette certitude.

En entendant son maître dire qu’il fallait maintenir les esclaves dans l’ignorance, il comprit l’importance de la lecture et n’eut aussitôt de cesse d’apprendre à lire. Il y parvint en échangeant le peu de nourriture qu’il avait avec des enfants blancs pauvres contre des leçons secrètes et très risquées qui lui coûtèrent maintes fois de nouveaux châtiments, jusqu’à frôler la mort. Il fomenta une rébellion collective, qui échoua. Il fut envoyé chez un « casseur de nègres ». Mais il réussit à échapper à ses bourreaux.

Dans le Nord, il fut recruté par les mouvements abolitionnistes et entama une carrière politique qui culmina lorsqu’il devint l’un des conseillers du président Abraham Lincoln, puis du président Ulysses S. Grant. Douglass combattit non seulement pour les droits des Noirs américains, mais aussi pour les droits des femmes. Il mena jusqu’à la fin une vie mouvementée. Lorsqu’il épousa en secondes noces une femme blanche, il provoqua une nouvelle vague de réprobations brutales aussi bien chez les Blancs que chez les Noirs. Il s’éteignit le 20 février 1895, juste après un dernier discours au National Council of Women, à Washington DC.

« Mémoires d’un esclave » est remarquablement bien écrit, dans un style limpide parsemé ici et là de magnifiques pointes de lyrisme. C’est un document de première main sur l’esclavage, mais aussi une réflexion sur la nature humaine et le témoignage des premières années d’un homme au destin réellement exceptionnel.

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Une réponse à Mémoires d’un esclave, par Frederick Douglass

  1. Bess dit :

    Une très belle lecture…

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